|
"
Il y a des choses à dire
dans la société malgache actuelle "
A seulement 15 ans, le petit
Luke a déjà tout d'un grand ! Non seulement
il est mignon à croquer, mais en plus, ce jeune homme
en devenir, parallèlement étudiant au Collège
de France, est talentueux, modeste et fortement attaché
aux valeurs traditionnelles malagasy, qui, malheureusement,
se perdent de plus en plus. Bref, il a tout pour plaire...
Malgré son jeune âge, Luke a déjà
quasiment 4 ans de carrière derrière lui. Carrière
enfin couronnée par la sortie de son album intitulé
"Ala sarona". Envie d'en savoir plus ? Lisez
donc son interview et matez un de ses clips (Mozik') !
Salut
Luke ! Heureuse de te connaître !
Salut et big up à toi Shaani et à vous tous,
les Koolnautes ! Manao ahoana daholo ê !
Alors peux-tu te présenter
aux Koolnautes qui ne te connaissent pas ?
Je m'appelle Luke Maksim. Je suis né en janvier 1992
et suis actuellement en classe de 2nde au Collège
de France d'Ambohijatovo-Antananarivo. Mes passe-temps favoris
sont le basket-ball et la musique qu'on nous a enseignée
depuis la classe de 6ème quand j'avais onze ans.
On nous apprenait le clavier, la flûte et l'histoire
de la musique et on nous encourageait à écouter
différents genres de musique. Et parallèlement
aux études musicales en classe, j'ai suivi des cours
complémentaires de clavier, de flûte et, un
peu plus tard à la maison, de percussion. Avec l'évolution
technologique, j'ai dû suivre des cours de composition
et d'arrangement assistés par ordinateur qui complète
et enrichit l'acoustique.
Comment as-tu débuté
dans la musique ?
C'était par un heureux
accident ou incident.
Un jour, Bekoto du légendaire groupe Mahaleo passait
chez nous pour visiter mon père qui est son ami d'enfance
depuis la classe de 11ème. Quand il a vu les piles
de cassettes Mahaleo, il était plus qu'étonné
d'apprendre par mon père que malgré mon âge
et ma génération, c'est moi qui écoute
le plus et chantonne les tubes de ce groupe. J'étais
encore au collège à ce moment. Il a laissé
pour moi quelque chose qu'il a écrit et signé
sur papier. On avait pensé à un autographe
mais, en réalité, c'était une autorisation
d'interprétation pour l'Office Malgache des Droits
d'Auteur. Il m'autorisait à interpréter son
uvre "Razazavavy" qui relate une exceptionnelle
histoire de fidélité. Et c'était le
départ pour une grande aventure : répétition,
prise de son en studio avec Nali, Lalie et Luk du groupe
Mahery pour le choeur, clip et
voici Razazavavy que
j'ai "groové". Et s'ensuivaient d'autres
compositions
Avant cette aventure, je chantais souvent
à la maison en suivant des chansons à la télé
ou à la radio.
Pourquoi tu as choisi le rap ?
D'abord, dès mon
enfance, j'ai une voix grave et rauque. Si je dois choisir
le genre musical qui va bien avec ma voix, il n'y a que
le jazz ou le rap. Ensuite, bavard comme je suis, souvent
puni au Collège en primaire, j'ai opté pour
le rap qui se particularise par les paroles de contestation
scandées sur un rythme répétitif. Comme
partout dans le monde, il y a des choses à dire dans
la société malgache actuelle. Pour ne citer
que les viols et le travail des mineurs (thème d'un
prochain morceau), les "dahalo", ces bandits de
grand chemin qui tuent des enfants et des jeunes comme moi.
Aucune critique et aucune morale mais j'essaie juste, en
toute modestie, de rappeler aux adultes quelques facettes
de la vie qui sont souvent cachées par le train-train
quotidien. Ou, pire, des situations injustes qu'on côtoie
tous les jours et qu'on a tendance à accepter par
habitude de les voir. Et, non des moindres, le rap est la
musique de mon âge
Comment décrirais-tu ta
musique ?
Je qualifierai ma musique de rap mélodique souvent
teinté ou fusionné avec du "gasigasy".
A tort ou à raison, on accuse souvent le rap d'être
monotone et irrespectueux. Il ne faut pas généraliser
et ce n'est pas totalement vrai car on peut rapper sur une
symphonie à partir d'un texte très courtois
tout en transmettant des messages de contestation.
Qui compose ? Qui écrit
?
A part Razazavavy de Bekoto, c'est moi-même qui compose
mes morceaux. Avec, au début, des arrangements de
mon père. Après, j'ai la grande chance d'avoir
Donat Sondraitoky, un rappeur très connu à
Dago, comme arrangeur. Actuellement, j'arrange moi-même
mes morceaux. Quand je compose et j'arrange, j'essaie toujours
de voir les intégrations des quatre éléments
suivants : la mélodie, la poésie (texte),
l'harmonie et la symphonie. Et pour labelliser ma musique,
j'ajoute la sauce "gasigasy" par la "valiha",
l'harmonica, le djembey, la flûte, le violon et les
percussions en bambou. Quant aux textes, j'essaie de les
transcrire d'abord en poésie rimée au style
rap. Quand tout y est, mon père m'aide quelques fois
pour corriger et enrichir mon malgache.
Tu as l'air très consciencieux pour un adolescent.
D'ailleurs, ça s'entend dans tes textes, puisque
tu parles de sujets très sérieux comme les
dahalo, les feux de brousse, la fierté d'être
gasy, etc. Où puises-tu ton inspiration et pourquoi
tu as choisi d'aborder ces sujets-là ?
Le fait d'avoir
chanté un peu tôt, à onze ans, a limité
ma sphère d'inspiration. C'est mal vu à mon
âge si je chante l'amour à la première
personne. Heureusement que les réalités sont
nombreuses et n'attendent qu'être inspirées
et chantées. Je ne cherche pas loin car autour de
moi, il y a ma passion (Mozik", Kabaosy, Big up !,
Zah'), les actualités (les Dahalo, le basculement
vers l'Ariary, le phénomène téléphone
portable par Antso an-tariby
), la joie de se retrouver
avec le public (Ala sarona et Lanonana), l'amour (Marina
fa
) et la malgachéité (Tenindrazanao).
On connaît mieux, on parle mieux et on chante mieux
ce qu'on côtoie.
" On
accuse souvent le rap d'être monotone et irrespectueux.
Il ne faut pas généraliser "
Quelles sont tes influences musicales ?
Mes influences musicales
en général,
ce sont les divers genres de musique catégorisés
dans les Black Music qui englobent le groove, le funk,
le R'n B et le rap. Mais j'écoute et j'aime aussi
beaucoup d'artistes malgaches à Dago comme ailleurs
et de mon époque comme jadis. Je n'aime pas trop
citer des noms malgaches au risque d'en oublier car ils
sont nombreux. Par-contre, pour les étrangers,
il y a Diam's, Sinik, Sniper, James Blunt, Princes Anies
Peux-tu
me parler de tes éventuels projets à venir
?
D'abord, il y a
les études. J'aurai à affronter le bacc dès
l'année prochaine. Ensuite, on verra
Tu te vois comment dans 10 ans ?
Vieux de 10 ans de plus
et en études
supérieures ou travaillant tout en gardant une
place importante dans ma vie pour la musique. Je vois
déjà que le contexte ne sera plus comme
actuellement mais je rêve encore de continuer à
la musique en tant que chanteur, ou auteur-compositeur,
ou arrangeur ou manager.
Comment
as-tu connu KoolSaina et comment trouves-tu le site ?
Je crois que tout Malgache qui surfe connaît KoolSaina
qui est un lien et une plateforme virtuelle unissant ceux
qui s'intéressent à l'art, à la communication
et au culturel de Madagascar. J'ai découvert le site
par invitation de visite de la mère d'une Malgache
qui vit en France et qui est membre de mon Fan's Club. Sans
complaisance, je trouve KoolSaina très professionnel
et reflétant l'identité malgache. La présentation
est très attractive et le contenu répond aux
attentes des visiteurs voulant savoir de plus sur Dago et
les Malgaches. Le plus de ce qui différencie KoolSaina
pour les Malgaches qui le visitent c'est cette sensation de
convivialité. Est-ce le "fihaonana"
virtuel
entre Malgaches ?(n.d.l.r : merci Luke, ça
fait plaisir !
)
As-tu un message pour les Koolnautes et KoolSaina ?
Pour les Koolnautes, dont j'en fais partie, c'est
tellement un grand plaisir pour moi de vous partager par
cette interview mes opinions. J'ai toujours essayé
de partager mes chansons à tout le monde dont vous
faites partie. Je vous serai très reconnaissant
de recevoir de votre part vos appréciations, vos
remarques et même vos critiques constructives qui
me seront très utiles. D'ores et déjà,
nous (moi et les 12 autres de ma bande) vous remercions.
Quant à KoolSaina, c'est vraiment une vitrine virtuelle
exposant diverses richesses malgaches de Dago comme d'outremer.
Je souhaite une longue vie et des succès pour ce
trait d'union qui s'appelle KoolSaina. Merci Koolnautes
et KoolSaina et à la prochaine !
Propos recueillis par Shaani
pour KoolSaina.com (avril 2007)
Vos Commentaires
MIANGOTY
02 Fév. 2008, 15:09
SLT JKIF TROP TES CHANSON MAIS JE TE TROUVE KE TU ES TRES ARROGANT J AIMRAI
KE TU CHANTE UNE CHANSON KI PARLE UNE HISTOIRE D AMOUR UNE FILLE KI TE KIFF
TROP REP SUR MON ADRESSE E MAIL
|