Un détournement de 19,4 milliards d’ariary découvert au sein du Fonds souverain malgache
Une affaire mêlant corruption et tensions politiques secoue actuellement Madagascar. Dans le cadre d’une enquête sur un détournement présumé d’argent public au sein du Fonds souverain malagasy (FSM), six personnes ont été placées en détention provisoire par le pôle anti-corruption d’Antananarivo, tandis que deux autres sont sous contrôle judiciaire. Le FSM est un organisme public destiné à financer des projets stratégiques pour le développement du pays.
L’enquête a été ouverte après une plainte déposée par la présidence le 20 mars. Les investigations ont mis en évidence de nombreuses irrégularités dans la gestion du fonds, avec des procédures qui auraient été contournées à plusieurs reprises. Entre la mi-février et la mi-mars, plusieurs décaissements suspects ont été identifiés pour un montant total d’environ 19,4 milliards d’ariary, soit plus de 4 millions d’euros.
Les enquêteurs cherchent désormais à déterminer si ces fonds ont pu servir à financer une tentative de renversement du président de la Refondation, Michaël Randrianirina. La ministre de la Justice, Fanirisoa Ernaivo, estime que le montant détourné est proche de celui qui aurait été mobilisé pour préparer ce projet de coup d’État présumé.
Au centre de l’affaire figure Jean Alfred Rakotomaronirina, général de brigade aérienne à la retraite et directeur général par intérim du FSM depuis janvier. Il est soupçonné d’avoir joué un rôle clé dans ces opérations financières et d’être également impliqué dans le complot visant le chef de l’État.
Par ailleurs, treize personnes sont poursuivies dans l’enquête liée à cette tentative présumée d’assassinat du président. Onze suspects ont été incarcérés et deux autres font l’objet d’un mandat d’arrêt. Selon les autorités judiciaires, certains d’entre eux auraient reconnu que près de 20 milliards d’ariary déposés sur leurs comptes personnels devaient servir à financer cette opération.
Les investigations se poursuivent afin d’éclaircir les responsabilités de chacun et de comprendre comment les fonds publics du FSM ont pu être utilisés dans cette affaire aux implications politiques majeures.
