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Annulée en 24 heures, une interdiction de sortie du territoire interroge sur l’influence des Karana

Une décision des autorités malgaches a récemment provoqué beaucoup de réactions. Treize personnalités ont été frappées d’une interdiction de sortie du territoire (IST). Mais à peine un jour plus tard, la mesure a été levée pour la plupart d’entre elles.

Ce revirement rapide soulève de nombreuses questions, d’autant plus que plusieurs noms figurant sur la liste appartiennent à la communauté karana, réputée pour son poids économique dans le pays.

Le 16 mars 2026, une décision administrative interdit à treize personnes de quitter le territoire malgache. Parmi elles se trouvent des hommes d’affaires importants, d’anciens responsables publics et d’autres personnalités proches de cercles de pouvoir.

En général, une interdiction de sortie du territoire est utilisée dans le cadre d’enquêtes sensibles. Elle permet d’empêcher des personnes potentiellement impliquées dans un dossier de quitter le pays avant la fin des investigations.

Au départ, cette décision a donc été perçue comme un signal fort des autorités. Mais la situation a changé très rapidement. Dès le lendemain, le parquet général près la Cour d’appel d’Antananarivo annonce qu’il ne s’oppose plus à la sortie du territoire pour la majorité des personnes concernées.

Au final, onze des treize personnalités voient leur interdiction levée. Seules deux restent encore concernées par la mesure, dont le colonel controversé Patrick Rakotomamonjy. Cette succession d’un ordre puis d’un contre-ordre en moins de 24 heures a surpris de nombreux observateurs.

Un élément attire particulièrement l’attention : plusieurs personnes figurant sur la liste sont issues de la communauté karana. A Madagascar, cette communauté d’origine indo-pakistanaise occupe depuis longtemps une place très importante dans certains secteurs clés de l’économie. Cette forte présence économique leur donne une influence considérable dans le pays.

Depuis des décennies, les grandes figures économiques de cette communauté sont intouchables. Malgré de nombreuses accusations graves (détournement d’argent, blanchiment, trafic d’influence, corruption), aucune affaire impliquant ces grandes fortunes n’a jamais abouti devant la justice.

Cette situation alimente une forte frustration dans l’opinion publique. Pour beaucoup de Malgaches, il existe un sentiment d’injustice face à une justice à deux vitesses. Le fait que l’interdiction de sortie du territoire ait été levée presque immédiatement a alimenté les spéculations, d’autant plus que seuls deux Malgaches de souche restent la cible de l’IST.

Certains observateurs se demandent si des pressions n’auraient pas été exercées en haut lieu pour obtenir la levée rapide de la mesure. Aucune confirmation officielle n’existe à ce stade, mais la rapidité de la décision continue de susciter des interrogations.

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Analyste

Les Karana ont des réseaux mafieux tentaculaires qui font que personne n’ose les attaquer. 95% des richesses de Madagascar leur appartiennent, l’argent va dans des paradis fiscaux (cf Panama Papers et autres). Pourtant, ils ne sont pas très nombreux.

BELATAKA

La refondation obéit à la mafia  » KARANA  » !

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