Madagascar dénonce l’accueil d’Andry Rajoelina par le futur président de la SADC
La tension diplomatique est montée d’un cran ce week-end entre Madagascar et le royaume d’Eswatini. En cause : l’accueil réservé à Andry Rajoelina, ancien président français de Madagascar déchu et actuellement en fuite, par le roi Mswati III à Lozitha. Une réception jugée choquante par les autorités malgaches, d’autant plus symbolique que le souverain d’Eswatini s’apprête à prendre la présidence de la Troïka de la SADC pour la période 2026-2027.
Dans un communiqué officiel publié samedi, les autorités issues de la Refondation de Madagascar ont condamné « avec la plus ferme énergie » cette rencontre, estimant qu’elle va à l’encontre des efforts de stabilisation politique en cours à Madagascar. Le pouvoir en place considère cet accueil comme une atteinte directe à la souveraineté nationale et comme un mépris des principes de justice.
Le communiqué rappelle que Madagascar est engagé, avec l’accompagnement de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), dans un processus de retour à l’ordre constitutionnel, jugé indispensable pour sortir durablement de la crise. Dans ce contexte, les autorités affirment que le pays n’a « aucunement besoin d’un tel acte de déstabilisation » de la part d’un État membre de la région.
Les autorités soulignent également la situation judiciaire d’Andry Rajoelina. Il est visé par un mandat d’arrêt international et a officiellement perdu la nationalité malgache. Il est en outre tenu pour responsable des violences survenues entre septembre et octobre 2025, qui ont causé la mort d’une trentaine de personnes. Pour le pouvoir, le principe est clair : toute personne poursuivie doit répondre de ses actes devant la justice.
Selon le gouvernement, l’accueil officiel réservé à Rajoelina par une monarchie absolue, « en dehors de tout cadre démocratique », est perçu comme une offense à la mémoire des victimes, à la jeunesse malgache et à la dignité nationale. Une lettre officielle a été adressée au secrétariat de la SADC ainsi qu’au président sud-africain Cyril Ramaphosa afin de leur faire part des préoccupations de l’État malgache.
Mais au-delà de l’indignation officielle, une lecture plus politique s’impose. Madagascar ne fait aujourd’hui que payer ses propres erreurs de choix stratégiques. Le pays a voulu coûte que coûte se soumettre à la SADC, jusqu’à leur lécher le c**, alors qu’il aurait parfaitement pu s’en affranchir en quittant cette organisation régionale. En ayant fait le choix de rester dépendant de ses décisions et de ses équilibres internes, Madagascar s’expose désormais à en subir toutes les conséquences.
Parmi celles-ci figure un scénario de plus en plus crédible : le retour d’Andry Rajoelina sur la scène politique malgache. Même si la SADC et l’Union africaine ne l’expriment jamais ouvertement, tout indique que ces organisations travaillent en coulisses pour favoriser ce retour. La machine est déjà en marche : depuis la fuite de Rajoelina, son usine à comptes fake fonctionne à plein régime sur les réseaux sociaux, avec un objectif clair : préparer l’opinion et créer les conditions de son retour. Madagascar, en s’étant volontairement placée sous la tutelle politique régionale de la SADC et de l’UA, devra désormais assumer les conséquences de ce choix.
