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Qui veut la tête de Fanirisoa Ernaivo, la ministre de la Justice ?

L’histoire ressemble à un roman d’espionnage politique : onze détenus chinois qui s’évaporent de la prison d’Antanimora, des accusations choc lancées en vidéo, et au centre de la tempête, la ministre de la Justice Fanirisoa Ernaivo. Mais derrière ce scandale administratif apparent, une autre réalité se dessine : celle d’un coup monté pour neutraliser une ministre qui dérange.

Une évacuation pour le moins suspecte

Tout a commencé avec une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux. Mohamed Razafiberiso, secrétaire général du syndicat de l’administration pénitentiaire, y affirme avoir fait sortir onze détenus chinois sur ordre direct de la garde des Sceaux, Fanirisoa Ernaivo.

De retour de Maurice, la ministre n’a pas tardé à répliquer. Lors d’une conférence de presse donnée directement à l’aéroport d’Ivato, elle a fermement démenti :

  • Un agenda incompatible : Elle affirme n’avoir jamais rencontré le syndicaliste le 17 août (la date avancée par ce dernier), puisqu’elle n’était même pas à son bureau.
  • Des preuves matérielles : Le ministère dispose de registres d’audience et de caméras de surveillance pour prouver ses déplacements.
  • Des documents douteux : Une lettre officielle utilisée dans ce dossier comporte des incohérences de dates, suggérant une possible falsification.

Mais le plus troublant reste le fonctionnement même de cette opération. Comment des responsables pénitentiaires ont-ils pu laisser sortir onze prisonniers (cinq le 21 août, puis six le 25 août) sur la simple parole d’un syndicaliste ? Ce dernier est détaché à l’Assemblée nationale et n’a absolument aucun rôle opérationnel dans les prisons. Mieux encore : comment ces ressortissants chinois ont-ils pu récupérer leurs passeports et quitter le pays aussi rapidement ?

Le piège tendu à Fanirisoa Ernaivo

Face à un tel niveau de dysfonctionnement, une question s’impose : s’agit-il d’une simple erreur administrative ou d’un sabotage prémédité ?

Pour comprendre, il faut regarder qui tire les ficelles. Fanirisoa Ernaivo s’est fait une promesse et en a fait son combat : lutter sans concession contre la corruption. Elle l’a déjà prouvé en contribuant à l’incarcération de l’homme d’affaires Mamy Ravatomanga. Sa prochaine cible n’est autre qu’Andry Rajoelina lui-même, même si ce dernier reste pour l’instant protégé par une Assemblée nationale frileuse à l’idée de voter sa mise en accusation.

Dans cette optique, le scénario devient beaucoup plus clair :

  • Infiltrer pour saboter : Des partisans et réseaux fidèles à l’ancien régime s’activent dans l’ombre. En infiltrant l’administration, ils organisent la fuite de ces détenus pour fabriquer un scandale sur mesure.
  • Piéger la ministre : Le but ultime est de salir la réputation de Fanirisoa Ernaivo, d’ébranler sa crédibilité et de forcer le président de la Refondation, Michael Randrianirina, à la limoger.
  • Bloquer la justice : En enlevant la ministre de son fauteuil, ces réseaux s’assurent d’interrompre les dossiers brûlants et de protéger leurs alliés.

Quelle décision pour le président ?

Ce scandale fait évidemment mal au régime de transition. L’opinion publique s’impatiente et attend de voir comment le chef de l’État, Michael Randrianirina, va réagir face à cette guerre interne.

Il est indispensable de faire la lumière sur cette affaire grâce à des vérifications indépendantes (caméras, relevés téléphoniques, registres). Mais le président doit surtout éviter de tomber dans le piège : limoger une ministre sur la base de manipulations orchestrées par l’opposition souterraine serait une grave erreur. Pour assainir durablement le pays, c’est aux réseaux de sabotage qu’il faut s’attaquer.

Et vous, qu’en pensez-vous ?

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1 Commentaire
Analyste

Excellente analyse.

Comme beaucoup, je ne crois pas un seul instant que la ministre soit assez stupide pour faire sortir illégalement 11 Chinois de prison.

J’ai l’intime conviction que c’est Rajoelina qui finance le petit réseau qui lui reste pour saboter la Refondation. D’ailleurs, ce n’est pas un hasard si Mohamed a aussi fui à Dubaï ! Il est trop stupide alors il a choisi le même pays que son financeur pour fuir la justice malgache ! LOL

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