Actus

Face à la Russie et à la Chine, la France tente de reprendre le contrôle de Madagascar

L’annonce selon laquelle la France souhaite déployer des projets à Madagascar avant les prochaines élections n’a rien d’anodin. Derrière le discours diplomatique sur le développement, l’éducation ou l’aide sociale, se dessine une réalité beaucoup plus politique : Paris refuse de perdre son influence historique sur l’île, à un moment où l’équilibre géopolitique régional est en train de basculer.

Depuis plusieurs années, Madagascar diversifie ses partenariats internationaux. La Chine y renforce sa présence économique à travers les infrastructures, les investissements et le commerce. La Russie, de son côté, s’impose progressivement comme un partenaire sécuritaire et militaire, notamment par la fourniture d’équipements, la formation et des coopérations stratégiques. Cette recomposition inquiète profondément la France, qui voit s’éroder un terrain longtemps considéré comme acquis.

C’est dans ce contexte précis que Paris accélère. Pourquoi maintenant ? Pourquoi avant les élections ? Parce que la France sait que le moment est critique. Elle comprend que les anciennes relations privilégiées issues de la période coloniale et post-coloniale — ce que l’on appelle encore la Françafrique — ne suffisent plus à garantir son poids politique. Alors elle avance ses pions autrement : par des projets ciblés, visibles, présentés comme urgents et bénéfiques pour la population.

Mais cette stratégie pose une question centrale : s’agit-il réellement d’un partenariat équitable ou d’une tentative de reprise de contrôle indirecte ? En intervenant à un moment clé du calendrier politique malgache, la France cherche à redevenir incontournable et à maintenir une influence sur les futures orientations du pays. Le vernis du développement masque mal une logique de puissance.

La Françafrique n’a pas disparu. Elle a simplement changé de visage. Moins brutale, plus institutionnelle, plus habillée de mots comme « coopération », « stabilité » ou « soutien démocratique », mais toujours guidée par la même obsession : ne pas laisser d’autres puissances prendre la place. Or, pour la France, voir la Russie et la Chine renforcer leurs liens avec Madagascar — y compris dans des secteurs sensibles comme l’armement et la sécurité — est perçu comme une menace directe.

Le problème, c’est que Madagascar n’est plus un simple terrain d’influence passive. Le pays cherche à affirmer sa souveraineté, à choisir ses partenaires selon ses intérêts, et à sortir d’une relation déséquilibrée héritée du passé. En voulant à tout prix rester dans le jeu, Paris risque de renforcer le rejet populaire de la Françafrique, déjà très critiquée sur le continent africain.

S’abonner
Notification pour
guest

1 Commentaire
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires
Analyste

Je suis persuadé que c’est la France qui a introduit la variole du singe à Madagascar, histoire de passer pour un sauveur et nous vendre des vaccins qui rendent stériles (et reprendre la main sur Madagascar dans la foulée). Sauf que ça se soigne très facilement donc gardez vos vaccins chez vous.

error: