Fanirisoa Ernaivo reconduite à la Justice malgré une campagne de dénigrement massive
La magistrate malgache Fanirisoa Ernaivo a été reconduite au poste de ministre de la Justice, confirmant la confiance du gouvernement à son égard. Cette décision survient malgré une campagne de dénigrement intense qui visait à fragiliser sa réputation depuis sa nomination.
Depuis plusieurs mois, la ministre est la cible d’accusations relayées sur les réseaux sociaux. Aucune preuve concrète n’a toutefois été apportée, et certains de ses détracteurs ont même demandé à la ministre de prouver son innocence, inversant ainsi la logique de la justice, qui impose à l’accusation de fournir des preuves.
L’intelligence artificielle au cœur de la désinformation
Une particularité de cette campagne est l’usage de contenus générés par l’intelligence artificielle. Messages, images, montages audio d’une prétendue conversation téléphonique ont circulé massivement en ligne, renforçant la pression sur la ministre et illustrant les nouvelles méthodes de manipulation de l’opinion publique.
Malgré cela, Fanirisoa Ernaivo est restée impassible et a poursuivi ses missions.
Une action rapide et déterminée
Depuis sa nomination, elle s’est attaquée à des dossiers sensibles, notamment ceux impliquant l’homme d’affaires Mamy Ravatomanga, proche de l’ancien pouvoir. En quelques mois seulement, ses actions ont contribué à affaiblir ce réseau financier et à montrer sa détermination à lutter contre la corruption.
Cette efficacité a également renforcé son image auprès de la jeunesse malgache. La Gen Z, qui avait été active dans les mobilisations contre l’ancien régime, suit de près et soutient son action.
Le défi des finances publiques
La ministre est désormais attendue sur un autre dossier majeur : les finances publiques. La Cour des comptes de Madagascar a récemment révélé un détournement de fonds estimé à 3 800 milliards d’ariary sous l’ère d’Andry Rajoelina, uniquement pour l’année 2025.
Ce dossier pourrait concerner d’autres responsables politiques et représente un test important pour la justice malgache, d’autant plus qu’une procédure en vue d’obtenir un mandat d’arrêt international contre Andry Rajoelina avait été annoncée en décembre 2025.
Les blocages institutionnels concernant Andry Rajoelina
Cependant, Fanirisoa Ernaivo reconnaît que certaines enquêtes avancent lentement. Dans une interview, elle avait d’ailleurs expliqué que les procédures nécessitent parfois l’intervention de l’Assemblée nationale. Or, la majorité des élus de l’Assemblée nationale reste proche d’Andry Rajoelina, ce qui ralentit les enquêtes et lui offre une protection politique. Malgré ces blocages institutionnels, la ministre assure poursuivre ses efforts pour faire avancer les dossiers.
Pour Fanirisoa Ernaivo, les prochains mois seront décisifs. La population attend des actions concrètes et une justice capable de traiter les affaires les plus sensibles, quel que soit le statut des personnes impliquées.
