Quand Madagascar choisit les tutelles étrangères plutôt que l’indépendance
Madagascar est en train de traverser une période décisive de son histoire. Depuis plusieurs semaines, l’Union africaine (UA), l’Union européenne (UE), la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) et les Nations unies suivent de très près la « transition » politique. Leur message est sans ambiguïté : le pays doit organiser des élections dans un délai de 24 mois, faute de quoi des sanctions ou restrictions pourraient être appliquées.
La mission internationale en place ne se contente pas de conseiller : elle impose un cadre, surveille le calendrier et conditionne la levée de sanctions à la tenue effective de la présidentielle. Cette étroite supervision révèle une terrible réalité, surtout pour les manifestants de septembre 2025 : Madagascar dépend encore fortement de ses partenaires internationaux, au point que sa capacité à prendre des décisions souveraines est limitée.
Cette dépendance, pourtant très contestée par le peuple, a longtemps été acceptée par les dirigeants malgaches. Aujourd’hui, le président de la Refondation semble perpétuer cette habitude, s’appuyant sur ces institutions pour assurer légitimité et financement, au lieu de prendre des mesures audacieuses pour renforcer véritablement l’autonomie du pays.
Paradoxalement, Madagascar ne manque pas de ressources pour se libérer de cette tutelle. En effet, le pays regorge de richesses naturelles (minéraux, terres agricoles, biodiversité) tout en bénéficiant d’une position stratégique dans l’océan indien. Avec une gestion intelligente et une politique étrangère proactive, il pourrait développer de nouveaux partenariats, diversifier ses alliances et renforcer son indépendance économique et politique.
Dès lors, la question centrale est claire : Madagascar veut‑il rester sous les ordres de la SADC, de l’UA, de l’UE et de la Françafrique, ou aspire‑t-il à devenir un pays réellement souverain, capable de négocier à armes égales sur la scène internationale ? Vu les événements actuels, la réponse est clairement non. Le pays a fait le choix de ses traditionnelles tutelles étrangères. Il faudra probablement attendre plusieurs crises et peut‑être une bonne vingtaine d’années avant que les Malgaches ne voient émerger un vrai leader comme Ibrahim Traoré.
