Raymond Ranjeva réagit sur la question des îles éparses (Nosy Malagasy)

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Raymond Ranjeva a réagi suite à un article paru dans la Gazette de la Grande île hier (voir lien à la fin de cet article). Son message a été relayé par le compte Facebook de Serge Zafimahova, ancien coordonateur de la campagne électorale de Marc Ravalomanana. Nous le publions ici dans son intégralité (n.d.l.r. : notez bien que Ranjeva ne parle jamais de gestion, ni de co-gestion, mais uniquement de « négociation sur les modalités de retour de ces îles à Madagascar qui en détient les titres de souveraineté »).

Petit conseil au gouvernement actuel : Raymond Ranjeva est LE spécialiste indéniable sur le sujet épineux de ces îles malgaches de l’Océan indien. De ce fait, et puisqu’il s’agit d’un combat commun qui concerne le peuple malgache, il serait fort judicieux de mettre de côté toute querelle politique et de réunir toutes les forces possibles, quelle que soit leur provenance, pour récupérer nos terres. La question de savoir ce qu’on en fera aujourd’hui est un faux problème et ne fait que détourner notre attention de l’enjeu principal. A bon entendeur.

« ILES MALGACHES

Mise au point

L’article de M. N.Razafilahy « Iles éparses : Qu’est-ce qu’on en fera ? » publié dans votre édition du 31 mai 2019 p.3 a attiré mon attention compte tenu des erreurs, inexactitudes, manques d’information, interprétations insinuantes… Par ailleurs la tentation est grande de tenir pour vérité objective la perméabilité à l’esprit des temps, un juriste non un glossateur reste mal à l’aise face à une assimilation de l’état de droit au bureaucratisme ou à la répression ou à l’amalgame intellectuel. Aussi ai-je tenu à rétablir la vérité des faits avec cette mise au point sur la situation.

1) J’ai pris en charge le pilotage du dossier des petites îles depuis juin 1973 avec la note verbale malgache qui prend acte du contentieux territorial opposant les deux Parties sur la question de la souveraineté de ces îles. Cet acte est le première mesure initiatrice du règlement du différend entre la France et Madagascar. Depuis la remise officielle de cet acte, la revendication de restitution de ces îles est sans objet car déjà établie et connue.

2) J’ai présenté et défendu les droits et revendications malgaches sur ces îles devant l’Organisation de l’Unité africaine, les Pays non-alignés, l’Assemblée générale des Nations Unies. Toutes ces institutions ont validé la légitimité des droits de souveraineté malgache.

3) J’ai été l’auteur principal de la résolution de 1979 qui définit avec précision le cadre juridique du règlement au fond du différend territorial pendant :
31* Les îles ont un nom officiel : ILES MALGACHES DE L’OCEAN INDIEN, leur qualification et désignation sous le vocable d’Iles éparses a été répudiée car reflète une approche obsolète qui relève d’une vision coloniale de ces espaces. Politiquement non correcte dira-t-on aujourd’hui.
32* Les prescriptions créatrices d’obligations juridiques pour les deux Parties sont claires : négocier les modalités de retour de ces îles à Madagascar qui en détient les titres de souveraineté.
33* La question du titre de souveraineté étant close, les Parties ont l’obligation de négocier en respectant les règles de droit y afférentes.

4) Dans l’avis de 2019 , affaire des Chagos, la Cour internationale de Justice s’est référée à la résolution sur les îles malgaches de 1979 , dont elle a rappelé la portée juridique obligatoire et donc contraignante, pour asseoir les droits de Maurice sur Chagos. La résolution constitue ainsi la charte fondamentale en la matière.

Pour conclure, à la date d’aujourd’hui, le volet diplomatie juridique international relatif au titre de souveraineté sur ces îles est résolu de manière définitive.

N.D.A. : A l’AGONU de 1979, seuls 8 Etats ont voté contre la résolution introduite par Madagascar. Le principal contradicteur des thèses malgaches au titre de la France a été M. Gilbert Guillaume que Raymond Ranjeva a rejoint comme collègue à la Cour internationale de Justice.

Raymond Ranjeva
Professeur de l’Université d’Antananarivo ER
Ancien Juge et vice Président de la Cour internationale de Justice. »

Cliquez ici pour lire l’article de la Gazette de la Grande île.

8 commentaires à propos de “Raymond Ranjeva réagit sur la question des îles éparses (Nosy Malagasy)”

  1. Alerte !!! Naina Andriatsitohaina, la honte de la famille Andriatsitohaina, qui s’associe avec un pustchiste, a confirmé sur RFI qu’il va négocier non pas sur la restitution mais la cogestion des îles malagasy !!!

  2. Coopérer, ou cogérer, pour sécuriser la zone ou pour l’environnement ne nécessite pas de toucher à notre souveraineté ! C’est non négociable et je suppose que c’est à la base de démarches Malgaches actuelles ! Le ministre tout en restant le plus diplomatique possible ne va pas dans une négociation de notre souveraineté sur ces îles mais dans une coopération, que l on peut très bien appeler cogestion ! Mais avec le respect entier de notre souveraineté sur ces îles !
    Peut être doit on rappeler que la loi d’annexion par la France même en 1896 parle de dépendances de Madagascar à propos de ces îles et non d’îles Françaises. Et qu’ensuite la résolution de l’ONU en 1979 en faveur d’une restitution de ces îles sont en vertu de la charte des nations unis signée par la France au lendemain de la guerre en 1945.
    Donc la France est tenue juridiquement, mais surtout moralement, à un strict respect de notre souveraineté, au nom de cette charte née d’une guerre meurtrière pour la libération de son territoire, et au nom de milliers de combattants Malgaches l’y ayant aidé (plus de 50.000 au cours des 2 guerres) dont plusieurs disparus, morts ou blessés

    • Alors pourquoi parle-t-il de cogestion ???? Nos iles ne nous ont toujours pas été rendues qu’ils parlent déjà de cogestion. De plus, pourquoi ne pas étudier d’autres partenariats avec d’autres pays et pas forcément la France ???? On va négocier avec un pays qui n’a pas respecté la résolution de l’ONU depuis 1979???? Sérieusement ? Il est temps de voir ailleurs, un colonisé comme Rajoelina n’est pas l’homme qu’il nous faut pour ces iles. Il nous faut un vrai patriote!!!!!

  3. Combien de bêtises écrites sur ce sujet
    On s attache et on se bat pour peut de choses quand pendant ce temps là le peuple manque de tout
    De travail ,de soins de ,médicaments d hôpitaux digne de de nom .on ferai mieux monsieur l intellectuel de reprendre en main toutes les ressources qui sont en très les mains d etrangers comme la Chine qui pille notre or et qui est en train de vider la mer
    C est une querelle qui commence a date que l on donne en pâture au peuple pour qu il oublie tout le reste des misères et des souffrances que nous endurons depuis 47 ans
    Restons réaliste faisant de notre pays un paradis et après nous aurons le temps de nous battrons pour ces cailloux dont les Glorieuses sont réclamés par les Comoriens

    • Ces cailloux valent quelques milliards de milliards d’euros et peuvent faire de madagascar une puissance pétrolière. Fini la pauvreté grâce aux iles eparses. Eh oui, il faut réfléchir un peu.

  4. « Au risque de déplaire aux fanatiques de nationalisme étriqué et rétrograde ». Voilà comment il parle le journaleux de la Gazette de la grande île. La honte. On lui a payé combien pour faire le mpamadika tanindrazana ? Sa taranaka i Rasanjy?

  5. Si l’on ne parle pas de cogestion mais bien de gestion de Madagascar à 100% de ces iles, avec quel(s) moyen(s) le Gouvernmenet actuel va t’il gérer ces iles?

    1. S’il s’agit d’une restition simple:
    S’il y’a bien une priorité ici c’est la sécurité. S’il y’a des priorités pourtant actuelles à Madagascar, ce sont: la santé, l’emploi, la nutrition, l’éducation, sur fond de « bonne gestion » économique…
    Etant donné qu’il faut sécuriser la zone, quel pays sera – objectivement – le plus apte à le faire? (moyens techniques, aériens et maritimes, de manière journalière) L’Etat Malagasy aura-t’il les moyens suffisants dans le temps et dans l’espace (il est ici question de plusieurs milliers de kilomètres carrés de surface à sécuriser).
    Certains n’auraient-ils pas intéret à ce qu’il y’ait insécurité dans la zone afin d’y proposer (imposer?) ses services – surement plus efficaces – ?

    2. Une co-gestion alors?
    Dans ce cas de figure, une problématique pourrait s’installer: l’idée de souveraineté de Madagascar serait remise en question par beaucoup de monde… quoique l’option serait la plus viable pour Madagascar. Une coopération France-Madagascar, pourqioi pas s’il faut sauver les meubles… Mais pour combien de temps, et avec quelle intensité (cette coopération FR-MG signe néanmoins le retour de la France – et de plus belle – aux affaires… Bolloré et autres fleurons de l’industrie FR).
    Si c’est pour le bien des 25 millions de Malagasy dont la moitié est agée d’environ 18ans, alors que les bonnes décisions soient prises pour les deux parties.

    Question d’actualité…
    Compte tenu de la situation mondiale du pétrole… et dans une certaine mesure, celle du gaz, une exploitation (d’autant plus en eaux profonde pour le cas Malagasy) serait-elle rentable pour l’Etat Malagasy (cout de revient, intermédiaires, etc…)?

    • Je propose :
      1) une restitution pure et simple
      2) qu’on aille faire un peu de benchmarking au Qatar et autres puissances pétrolières pour savoir comment ils ont fait, pauvres comme ils étaient, pour devenir si riches avec leur pétrole. Avec qui ils ont travaillé et quelle était la teneur du contrat?

      Surtout surtout, ne pas travailler avec la France, c’est une erreur fondamentale, ils vont nous bouffer. Comment peut-on encore faire confiance à un pays qui a installé des militaires sur un territoire qui ne leur appartient pas? A moins de ne s’appeller DJ TGV et Andriantsitohaina? LOL

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