Le retour d’Andry Rajoelina au cœur du bras de fer entre la SADC et la Transition
Le 29 juin, la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) a réclamé le retour des « exilés politiques », la libération des « prisonniers politiques » et l’ouverture d’un dialogue politique inclusif, plaçant de facto le retour d’Andry Rajoelina dans la vie politique malgache. Sans citer l’ancien président français de Madagascar, les recommandations adoptées lors du sommet extraordinaire ouvre la voie à son retour à Madagascar. Du moins, c’est ce que souhaite la SADC.
La réaction des autorités ne s’est pas fait attendre. Le colonel Michaël Randrianirina a affirmé que les exilés « ont fui d’eux-mêmes » et qu’ils pouvaient revenir librement, tout en rappelant que les poursuites judiciaires les visant sont maintenues. Il a également précisé que la future concertation nationale sera réservée aux personnes reconnues comme malgaches, excluant de facto Andry Rajoelina, qui a été déchu de sa nationalité malgache.
Le gouvernement a aussi rejeté la notion de « prisonniers politiques ». Le Premier ministre Mamitiana Rajaonarison assure que les personnes détenues sont poursuivies pour des infractions de droit commun, une position reprise par le ministère des Affaires étrangères et le président de l’Assemblée nationale.
Une chose est sûre : la SADC est un organe qui sert les intérêts de la France. En restant membre de cette organisation, Madagascar a très peu de marge de manœuvre pour faire ses propres choix. Dans ce contexte, deux options se dessinent : accepter les concessions demandées en restant prisonnier de cette organisation qui ne lui rapporte rien, ou quitter définitivement la SADC afin de reprendre son indépendance.
