VIDEO. De la banalisation du sexisme dans l’usage de la langue malgache

Dans les faits, les femmes malgaches ont toujours démontré qu’elles sont aussi capables que les hommes d’accomplir certaines tâches. Souvent, elles s’en sortent même beaucoup mieux et ont un mental d’acier. Pourtant, certaines expressions de la culture malgache sont toujours utilisées, bien qu’elles soient aujourd’hui complètement obsolètes. Par exemple : « fanaka malemy » (meuble fragile) et « ravaky ny tokantrano » (décoration du foyer) sont des expressions traditionnelles pour désigner une femme chez les Malgaches. Ou encore, « chef de famille », pour désigner un père de famille, alors que bien souvent, c’est la femme qui gère quasiment tout dans le foyer.

D’autres expressions relèvent carrément du sexisme, comme « sarimbavy » (pour insulter un homme), « manao adim-behivavy » (terme utilisé pour dénigrer des hommes qui se disputent), « akoho vavy maneno » (poule qui chante, pour humilier une femme qui se met en avant), « lehilahy manao jupe » (pour rabaisser un homme à cause de son comportement en le comparant à une femme). En gros, tout ce qui porte l’empreinte de la femme est considéré comme une plaie… ou presque.

L’évolution de la langue malgache n’arrive donc pas à suivre celle de la place de la femme dans la société. Paradoxalement, les femmes elles-mêmes utilisent ces expressions qui rabaissent pourtant leurs semblables, sans doute inconscientes qu’elles perpétuent ainsi le côté patriarcal de la culture malgache. D’un autre côté, elles recherchent pourtant leur indépendance vis-à-vis des hommes et n’hésitent pas à s’affirmer. Dans ce reportage, vous découvrirez les témoignages d’une femme chauffeur de taxi, d’une cheffe de quartier et d’une vendeuse sur les marchés.

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Analyste

Article très pertinent. Mais pour prendre conscience de ça, il faut sortir de Madagascar. Rien ne peut changer dans un vase clos. C’est pour cela qu’il y a un décalage culturel entre les expatriés malagasy qui reviennent à Madagascar et les Malagasy qui sont toujours restés sur place.

jeanneau

Une certaine logique !

jeanneau

maintenant au départ ils faut un certains niveau d études pour faires des choses un minimum et le problème vient du départ !!

MDRM

J’avoue faire partie des gens qui parlaient comme ça, jusqu’au jour où j’ai eu une fille. Là tout a changé et j’essaie d’éduquer mes garçons et ma fille à l’égalité des sexes, donc chez nous, tout le monde fait les corvées, pas juste les femmes. Je précise que je vis en France, je ne suis pas certain non plus d’avoir cette ouverture d’esprit si j’étais resté à Mada!

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