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VIDEO. Comment l’esclavage moderne des Malgaches enrichit les entreprises françaises

L’intelligence artificielle est valorisée comme une révolution technologique. Mais derrière les algorithmes et les prouesses des machines, il y a des êtres humains. A Madagascar, des milliers de travailleurs annotent des images, des textes et des vidéos, jour après jour, pour fournir aux IA les données dont elles ont besoin pour apprendre.

Et cette main-d’œuvre n’est pas choisie au hasard. Madagascar offre aux entreprises étrangères une population francophone, instruite et surtout extrêmement bon marché. Interrogée par Le Monde, une annotatrice malgache confesse travailler huit heures par jour, cinq jours par semaine, pour un salaire misérable d’environ 80 euros par mois. Les plus qualifiés peuvent espérer 120 euros.

En parallèle, les sociétés de sous-traitance étrangères facturent leurs prestations plusieurs milliers d’euros à leurs clients. Plus de la moitié des entreprises d’annotation présentes à Madagascar étaient, en 2024, directement ou indirectement détenues par des entrepreneurs français.

Voilà le véritable visage de cette prétendue révolution : des entreprises occidentales qui délocalisent les tâches les plus ingrates vers un pays pauvre, des travailleurs malgaches diplômés payés une misère et une richesse qui ne profite qu’aux entrepreneurs étrangers.

Peut-on réellement parler d’« intelligence » lorsque son fonctionnement repose sur une telle exploitation humaine ? Car lorsqu’un travailleur surdiplômé malgache doit consacrer quarante heures par semaine à une activité ingrate, tout en ne gagnant que 80 euros par mois, le terme « esclavage moderne » est amplement justifié.

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