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VIDEO. Les meurtriers de Stéphanie et Haingotiana abattus : connaîtra-t-on la vérité un jour ?

L’affaire Stéphanie et Haingotiana semblait enfin connaître un tournant décisif avec l’arrestation de quatre suspects. Mais leur mort brutale, lors de la reconstitution des faits, laisse désormais derrière elle de nombreuses zones d’ombre. La version officielle des événements soulève des interrogations auxquelles il faudra apporter des réponses.

Les deux jeunes femmes, âgées de 21 et 17 ans, avaient disparu le vendredi 21 août dernier avant que leurs corps ne soient retrouvés deux jours plus tard à Ambohimanga Rova. Les premiers éléments de l’enquête avaient fait état d’une extrême violence : violences sexuelles, blessures multiples et égorgement. Une affaire qui avait profondément choqué l’opinion publique malgache.

Les investigations menées par la Brigade criminelle, en collaboration avec la Gendarmerie nationale, ont ensuite conduit à l’arrestation de quatre suspects : Sitraka, Aldo, Larry, alias Kembs, et Ra-Nix (voir photo ci-dessous).

Selon les informations communiquées par la Police nationale, ils seraient passés aux aveux. Des vêtements tachés de sang, des enregistrements vidéo de l’agression ainsi que le véhicule utilisé auraient également été retrouvés. Le mobile évoqué serait un vol de téléphones et d’argent qui aurait dégénéré.

Une version officielle qui soulève des questions

La mort des quatre hommes est intervenue lors de la reconstitution des faits à Ambohimanga Rova. Selon la version communiquée par la police, l’un des prévenus aurait brusquement tenté de désarmer un agent. Les trois autres auraient alors profité de l’altercation pour s’opposer aux forces de l’ordre et tenter de prendre la fuite. Les policiers auraient fait usage de leurs armes face à cette menace. Malgré les secours, les quatre suspects ont succombé à leurs blessures.

Cette version officielle soulève cependant une question essentielle : que s’est-il exactement passé sur les lieux de la reconstitution ? Comment quatre hommes placés sous le contrôle des forces de l’ordre ont-ils pu se retrouver dans une situation suffisamment dangereuse pour qu’ils soient tous abattus ?

Qui était armé ? Qui a tenté de désarmer qui ? À quelle distance se trouvaient les policiers ? Combien de coups de feu ont été tirés ? Par quels agents ? Les quatre suspects ont-ils réellement tenté de s’enfuir ? Ont-ils opposé une résistance physique ? Des armes ont-elles été retrouvées sur eux ou à proximité ?

Autant de questions auxquelles il faudra des éléments précis pour répondre.

Le mobile du crime reste entouré de doutes

Une autre zone d’ombre concerne le mobile. L’hypothèse avancée est celle d’un vol de téléphones et d’argent ayant dégénéré. Mais cette explication suffit-elle à comprendre la violence exceptionnelle des faits ?

Pourquoi ces deux jeunes femmes avaient été conduites jusqu’à Ambohimanga Rova ? Pourquoi une telle violence avait été exercée contre elles ? Était-ce prémédité ? Les violences sexuelles faisaient-elles partie du scénario initial ou sont-elles intervenues ultérieurement ?  Qui a pris les décisions ? Tous les suspects ont-ils joué le même rôle ?

Et surtout : que s’est-il réellement passé entre le moment où les deux jeunes femmes ont quitté Anjanahary et celui où leurs corps ont été découverts ?

Les enquêteurs semblaient avoir commencé à obtenir des réponses. Mais les quatre principaux suspects étant morts, l’enquête ne connaîtra peut-être jamais son véritable dénouement.

Seul un procès aurait permis de confronter les versions, d’interroger chacun des accusés, de déterminer précisément le rôle de chacun et de confronter leurs déclarations aux preuves matérielles. Les familles des victimes auraient pu obtenir les réponses aux questions qui les hantent.

Des réponses désormais attendues

Dans une affaire aussi grave, la population est en droit de connaître les circonstances exactes de la mort des quatre suspects. Une enquête indépendante et transparente sur les conditions de leur décès pourra permettre de répondre aux interrogations qui se multiplient sur les réseaux sociaux.

Il faudrait notamment connaître les circonstances précises de la reconstitution, les éléments établissant la tentative présumée de désarmement, les circonstances des tirs, les résultats des autopsies et expertises balistiques, ainsi que les éventuelles images disponibles sur les lieux.

Car une question demeure : comment une reconstitution judiciaire a-t-elle pu se transformer en opération au cours de laquelle les quatre principaux suspects ont perdu la vie ?

La version officielle doit pouvoir être vérifiée, confrontée aux éléments matériels et expliquée dans le détail.

Stéphanie et Haingotiana méritent une vraie justice. Leurs familles méritent la vérité.

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2 Commentaires
mofogasy

Le soit disant meurtrier n’est même pas menotté pendant l’interrogatoire … on nous prend pour du jambon.

Analyste

C’est vraiment bizarre cette histoire.

Pour moi, les autorités cherchent à cacher quelque chose. Ces criminels ont tout simplement été exécutés et sont morts avec tous leurs secrets..

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