VIDEO. Quand le silence des violences conjugales mène au féminicide
Miora Raveloson Raoni avait 46 ans. Elle était malgache, mère de deux enfants, installée en France. A Bois-Colombes, ses voisins la décrivaient comme une femme discrète, menant avec son mari une vie « normale », presque exemplaire. Une de ces existences qui semblent rangées, paisibles, sans aspérités. Et pourtant, Miora est morte, poignardée par l’homme avec qui elle partageait sa vie. Après l’avoir tuée, son mari a tenté de se suicider.
Ce drame n’est pas seulement un fait divers. C’est un féminicide de plus, un révélateur brutal du silence qui entoure encore les violences conjugales. Derrière les murs des appartements, derrière les sourires polis et les photos de famille, la violence peut s’installer sans bruit.
Dix mois avant sa mort, Miora avait publié une vidéo sur YouTube (voir ci-dessous). On la voit jouer paisiblement du piano. Sur l’instrument, on aperçoit la photo de son couple. Une image douce, presque idéale, qui contraste avec la violence de son meurtre. Cependant, à ce stade de l’enquête, rien ne permet d’affirmer qu’elle subissait des violences conjugales régulières. La justice le dira. Mais cette mise en scène d’une harmonie apparente résonne douloureusement avec ce que l’on sait, hélas, de tant de trajectoires similaires.
Car la réalité est là : la plupart des victimes se taisent. Par honte. Par peur. Par amour, parfois. Par désir de préserver une image de famille parfaite, de réussite sociale, de normalité. Se taire pour ne pas inquiéter. Se taire pour ne pas déranger. Se taire parce que l’on espère que « ça ira mieux ». Ce silence-là est un piège mortel.
Les violences conjugales ne choisissent ni un milieu social, ni un niveau d’éducation, ni une origine. Elles traversent toutes les couches de la société. Elles peuvent frapper dans les foyers précaires comme dans les appartements cossus, chez celles et ceux que l’on croit protégés.
Alors, il faut le dire clairement : dès le premier coup, dès la première menace, dès la première humiliation, il faut partir. Sans attendre. Sans négocier. Sans se laisser attendrir par des excuses, des promesses, des bouquets de fleurs ou des larmes tardives. Les mécanismes de la violence conjugale sont bien documentés : la récidive est fréquente, l’escalade est réelle, et le danger augmente avec le temps. Rester, c’est souvent risquer sa vie.
Ce message peut sembler brutal mais il est vital. Trop de femmes meurent parce qu’elles ont espéré un changement qui n’est jamais venu. Parler, c’est déjà résister. Parler à un proche, à une association, à un médecin, à la police. Il existe des numéros d’aide, des structures d’accueil, des femmes et des hommes formés pour accompagner, protéger, sauver. Il n’y a aucune honte à demander de l’aide. La honte appartient toujours à l’agresseur, jamais à la victime. Alors, plus jamais ça !

Quelle triste histoire. Il faut en parler au maximum pour que ça ne se reproduise plus. A la voir jouer sur ce piano, on aurait pensé qu’elle était heureuse. La pauvre a dû vivre un enfer quotidien. Tout ça pour le paraître et faire semblant d’être une famille réussie.
J’ai lu dans un journal français que son mari a aussi essayé de tuer sa fille, et que c’est pour ça qu’elle a la main blessée. C’est monstrueux. J’espère qu’il paiera cher son crime.