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VIDEO. Une production malgache 100% IA bluffe les spectateurs

L’intelligence artificielle ne menace plus seulement les illustrateurs, les graphistes ou les musiciens. Elle s’attaque désormais à un domaine qui semblait encore réservé à des équipes entières de professionnels : le cinéma d’animation. Et le plus impressionnant est que la barrière technique à l’entrée est en train de disparaître.

Un exemple particulièrement frappant est celui de NirinA, un autodidacte qui a réalisé Death’s First Day, un court-métrage animé d’environ 10 minutes consacré au thème de la mort.

Le résultat est bluffant. Sans être dessinateur ni scénariste professionnel, il est parvenu à produire un film d’animation avec une qualité visuelle qui aurait encore récemment nécessité des compétences et des moyens considérables.

Un film réalisé avec quelques centaines d’euros de crédits IA

Pour ce projet, 19 801 crédits ont été consommés sur Higgsfield, pour un total de 222 heures de travail.

En terme de budget, chaque génération d’image ou de vidéo sur Higgsfield consomme un certain nombre de crédits, selon notamment le modèle utilisé et la résolution. Le prix du crédit varie selon le forfait ou le pack acheté. En prenant comme référence un tarif d’environ 20 crédits pour 1 dollar, 19 801 crédits correspondent donc à environ 990 dollars.

Il s’agit uniquement du coût estimé des crédits IA, et non du coût total du projet : il faut également prendre en compte les 222 heures de travail, ainsi que les éventuels autres logiciels et outils utilisés.

Mais le chiffre reste spectaculaire : environ 990 dollars de crédits pour produire un court-métrage animé de dix minutes.

Et avec un studio professionnel ?

C’est là que la comparaison devient intéressante.

Il est impossible de donner un devis précis pour réaliser exactement le même film avec une équipe professionnelle. Le coût dépendrait notamment du style d’animation, du nombre de plans, de la complexité des personnages et des décors, du son, des voix, de la musique et du niveau de finition.

Pour donner un ordre de grandeur, une estimation budgétaire publiée par Ulule en septembre 2026 situe un court-métrage d’animation resserré entre environ 1 500 et 8 000 euros, tandis qu’un projet plus structuré peut atteindre plusieurs dizaines de milliers d’euros. Ce sont des repères budgétaires et non des tarifs imposés par les studios.

L’écart est saisissant. Une personne seule peut désormais produire un court-métrage d’animation de dix minutes avec quelques centaines d’euros de dépenses technologiques, là où une production professionnelle peut nécessiter plusieurs milliers, voire plusieurs dizaines de milliers d’euros.

Tout le monde peut-il vraiment le faire ?

Il faut toutefois nuancer. L’IA ne transforme pas automatiquement n’importe qui en réalisateur ou en animateur. Pour obtenir un résultat cohérent, il faut savoir formuler ses demandes, multiplier les essais, sélectionner les bonnes générations, maintenir une cohérence visuelle et effectuer un important travail de montage.

Les 222 heures consacrées au projet montrent bien que l’IA ne supprime pas tout effort. Elle en déplace une partie. Le nouveau savoir-faire consiste notamment à savoir diriger l’outil.

Mais la différence fondamentale est là : il n’est désormais plus nécessaire de maîtriser toutes les compétences techniques nécessaires à la fabrication d’un film pour pouvoir en produire un.

La question n’est donc plus de savoir si l’IA va transformer les métiers artistiques. Elle est déjà en train de le faire.

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