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La confiance entre l’Etat et le mouvement Gen Z est en train de se rompre

La situation politique à Madagascar connaît un nouveau moment de tension après l’annonce d’une enquête liée à une présumée tentative de coup d’État. Plusieurs jeunes du mouvement Gen Z, ainsi que des ressortissants étrangers, seraient impliqués dans cette affaire selon les autorités. De son côté, le collectif Gen Z 261 conteste fermement ces accusations et dénonce une répression contre les jeunes militants.

La ministre de la Justice, Fanirisoa Ernaivo, a confirmé que plusieurs jeunes membres de la génération Z sont actuellement maintenus en détention pour les besoins de l’enquête. Ils seraient liés à l’affaire impliquant le colonel Patrick Rakotomamonjy, suspecté dans une tentative de renversement du pouvoir.

Selon la ministre, les enquêteurs auraient découvert des éléments dans des échanges sur Telegram et WhatsApp, ainsi que dans plusieurs documents, montrant la préparation d’actions de mobilisation et d’un projet visant à renverser les autorités. « Les investigations portent notamment sur les liens entre ces jeunes et les personnes impliquées dans cette affaire », a expliqué la ministre.

Parmi les personnes récemment arrêtées figure Guy Barret, un ressortissant étranger interpellé il y a quelques jours.

Les autorités affirment que les jeunes détenus sont traités conformément aux règles en vigueur et qu’aucune violence n’a été commise pendant les interrogatoires (contrairement à ce qu’affirme la journaliste Gaëlle Borgia dans un reportage). La ministre a toutefois indiqué que l’un d’eux présente des ecchymoses, qu’elle attribue à une chute de moto survenue au moment de son arrestation.

Pour la ministre de la Justice, ces jeunes auraient été manipulés et instrumentalisés. Elle estime qu’ils auraient été entraînés dans un projet violent qui dépasserait leurs convictions initiales.

Elle a également rappelé que le gouvernement malgache garantit la liberté d’expression et le droit de manifester. Toutefois, elle a insisté sur le fait que la participation à une organisation visant à renverser le pouvoir par la violence constitue une infraction pénale.

Concernant le colonel Rakotomamonjy, l’enquête se poursuit. Un mandat d’arrêt ayant été émis à son encontre, il a été placé directement en détention à la prison de Tsiafahy, en attendant la fin des investigations. Une fois l’enquête terminée, il sera présenté devant la justice.

Pendant ce temps, le collectif Gen Z 261 a rejeté l’invitation au dialogue lancée par le chef du gouvernement. Dans un communiqué, le mouvement affirme que le climat actuel est marqué par des violences, des arrestations et des intimidations visant les jeunes engagés.

Selon le collectif, toute discussion est impossible tant que certains militants restent détenus « injustement ». Le mouvement cite notamment les cas de Herizo, Rija et Carine, dont il demande la libération immédiate.

Gen Z 261 accuse également les autorités de restreindre la liberté d’expression et de criminaliser les voix critiques.

Face à cette situation, le collectif estime que la confiance entre les citoyens et les institutions est désormais rompue. Il appelle à une réforme profonde du système politique malgache.

Cette affaire, qui mêle enquête judiciaire, tensions politiques et mobilisation de la jeunesse, continue d’alimenter le débat dans le pays. L’évolution des investigations et la réponse des autorités seront déterminantes pour la suite de cette crise.

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