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VIDEO. Une famille karana divise les Malgaches après leur ascension de l’Everest

Cette fois, ils l’ont fait. Hier, Zouzar Bouka et ses fils, Raïs et Raj-Alexandre Bouka, ont atteint le sommet de l’Everest, à 8 848 mètres d’altitude, avec le drapeau malgache entre les mains. Après une première tentative stoppée en 2025 à seulement quelques centaines de mètres du sommet, la famille Bouka est revenue en 2026 pour terminer ce qu’elle avait commencé.

L’image du drapeau rouge, blanc et vert flottant au sommet du toit du monde a immédiatement provoqué une vague d’émotion sur les réseaux sociaux malgaches. Pour beaucoup, cet instant dépasse largement le sport : c’est une scène presque irréelle pour un pays rarement associé à l’alpinisme de très haute altitude.

Car l’Everest reste l’un des endroits les plus dangereux de la planète. Au-delà de 8 000 mètres commence ce que les alpinistes appellent « la zone de la mort ». L’oxygène y devient si rare que le corps humain commence progressivement à s’éteindre. Chaque mouvement demande un effort immense. Les températures peuvent descendre sous les -30°C et le vent dépasse parfois les 100 km/h.

L’année dernière, les Bouka avaient déjà frôlé l’exploit. Raïs et Raj-Alexandre avaient atteint environ 8 600 mètres avant de devoir rebrousser chemin à cause du manque d’oxygène, des risques de gelures et des conditions météo devenues trop dangereuses. Leur retour cette année était donc autant une revanche mentale qu’un défi physique.

Mais à Madagascar, leur ascension ne suscite pas seulement l’admiration. La famille Bouka est issue de la communauté karana, population d’origine indo-pakistanaise installée depuis plusieurs générations dans la Grande Île. Les Karana occupent une place importante dans l’économie malgache, mais leur image reste controversée. Entre accusations de communautarisme et tensions socio-politiques, cette communauté se retrouve régulièrement au cœur de débats identitaires.

Et c’est précisément ce qui rend cet exploit aussi sensible. Depuis l’annonce du sommet atteint hier, les réseaux sociaux malgaches oscillent entre fierté nationale et commentaires plus hostiles. Certains internautes célèbrent un moment historique pour Madagascar, estimant que seul compte le fait que le drapeau malgache ait été hissé au sommet du monde. D’autres, en revanche, refusent de considérer les Bouka comme des représentants légitimes du pays, relançant des débats parfois très durs sur l’identité nationale.

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