Pourquoi le nom d’Andry Rajoelina revient-il face à la montée de l’insécurité ?
Depuis plusieurs mois, Madagascar connaît une hausse fulgurante de rapts et de crimes. Cette situation inquiète la population. Une question revient régulièrement : cette dégradation de la sécurité est-elle uniquement liée à la criminalité ou répond-elle à une stratégie politique ? Pour comprendre, il faut revenir au contexte.
Depuis la fuite d’Andry Rajoelina sous la pression populaire en octobre 2025, la SADC et l’Union africaine multiplient les pressions en coulisse pour exiger son retour à Madagascar. Jusqu’à présent, cette demande n’a pas abouti. Cependant, il n’existe à ce jour aucune poursuite judiciaire de l’Etat malgache contre Andry Rajoelina.
Dans ce contexte, certains se demandent si cette montée de l’insécurité n’est pas provoquée par l’ancien président français de Madagascar. Car si le pouvoir en place apparaît incapable de protéger la population, cela peut fragiliser sa crédibilité, et favoriser une reprise des discussions autour de son retour.
Sur le plan géopolitique, cette présumée implication d’Andry Rajoelina est crédible. L’histoire récente de plusieurs pays africains montre que des responsables politiques évincés ou contraints à l’exil ont conservé des réseaux d’influence capables de peser sur la situation intérieure de leur pays.
En République centrafricaine, des anciens dirigeants ont été accusés de soutenir des groupes armés afin d’influencer les rapports de force politiques. En Côte d’Ivoire, après la crise postélectorale de 2010-2011, les autorités ont soupçonné des proches de l’ancien pouvoir de participer à des opérations de déstabilisation. Au Mali, les périodes de transition ont également montré que l’insécurité pouvait être alimentée pour servir certains intérêts personnels.
Ces exemples ne prouvent évidemment rien concernant Madagascar. Ils montrent simplement que l’insécurité peut devenir un outil de pression politique. Par ailleurs, à ce jour, aucune preuve ne permet d’affirmer qu’Andry Rajoelina est à l’origine de cette vague de crimes et de rapts. Mais si les autorités disposent d’éléments en ce sens, elles devront les rendre publics.
Cependant, cette hypothèse ne doit pas faire oublier qu’il existe d’autres explications. Une période de transition peut fragiliser les institutions, notamment les forces de l’ordre. Des réseaux criminels peuvent alors profiter de la situation pour développer leurs activités, sans recevoir d’instructions d’un responsable politique.
