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Madagascar va faire appel à la Russie pour organiser ses prochaines élections

Selon RFI, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) a signé un protocole d’accord avec la commission électorale centrale russe. L’objectif est d’améliorer la gestion des scrutins à Madagascar.

Cette coopération prévoit plusieurs volets : formation du personnel électoral, partage d’expériences, mais aussi appui matériel, technique et financier. La Russie se dit prête à accompagner la Grande île pour moderniser son système électoral. L’un des points les plus marquants de cette collaboration concerne la transmission des résultats.

Aujourd’hui, les résultats définitifs d’une élection peuvent mettre jusqu’à 30 jours, voire plus, pour être publiés. Selon Thierry Rakotonarivo, représentant de la CENI, les Russes proposent une alternative beaucoup plus rapide : grâce à leurs technologies et à l’utilisation de satellites, les résultats pourraient être disponibles en une semaine, voire cinq jours.

Sur le papier, cette modernisation peut sembler très positive. Accélérer la publication des résultats pourrait limiter les fraudes et les tensions. Mais cette coopération est loin de faire consensus. Plusieurs ONG expriment de sérieuses inquiétudes. Leur principale critique porte sur le choix du partenaire.

La Russie est régulièrement accusée, au niveau international, de manque de transparence dans ses processus électoraux. Pour ces organisations, s’inspirer de ce modèle pose donc problème. Elles estiment que cela pourrait fragiliser la crédibilité des élections à Madagascar, plutôt que de la renforcer. Au-delà des aspects techniques, c’est la question de la confiance qui est au cœur du débat.

Face aux critiques, la Commission électorale malgache insiste sur le fait que cet accord est avant tout technique. Elle affirme qu’il ne s’agit pas d’importer un modèle politique, mais simplement d’améliorer les outils et les compétences. Elle rappelle aussi que les coopérations internationales dans le domaine électoral sont courantes et qu’il s’agit ici d’un échange de savoir-faire.

Si l’intention est louable, force est de constater que Madagascar reste malgré tout dans une forme de dépendance extérieure. A défaut de se soumettre à la traditionnelle Françafrique, le pays démontre, une fois de plus, son manque de volonté et son incapacité à organiser ses élections en toute autonomie. Il est encore loin le temps de la fameuse Refondation.

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