Pourquoi faire appel aux influenceurs pour booster le tourisme est prématuré
Madagascar fait rêver. Ses paysages uniques, sa biodiversité exceptionnelle et sa culture attirent l’attention du monde entier, notamment sur les réseaux sociaux. Dans ce contexte, l’office du tourisme de Madagascar pense que faire appel à des influenceurs internationaux pourrait rapidement booster le tourisme. Pourtant, aujourd’hui, cette stratégie arrive beaucoup trop tôt.
Le principal problème n’est pas le manque d’intérêt pour Madagascar, mais la difficulté d’y voyager. Se déplacer dans le pays reste compliqué. Beaucoup de routes sont en mauvais état et deviennent impraticables pendant la saison des pluies. Des sites touristiques magnifiques sont difficiles d’accès, ce qui décourage de nombreux visiteurs ou limite leur séjour.
L’hébergement pose aussi question. En dehors de quelques zones bien connues, il existe peu d’hôtels répondant aux standards attendus par une grande partie des touristes internationaux. À cela s’ajoutent des difficultés du quotidien comme les coupures fréquentes d’électricité, l’accès irrégulier à l’eau ou encore des problèmes de transport. Ces réalités ont un impact direct sur l’expérience des visiteurs.
Les influenceurs, eux, montrent surtout le côté rêvé d’une destination. Ils créent de l’envie, de l’émotion et donnent l’impression d’un voyage simple et idyllique. Mais si les touristes arrivent et découvrent une réalité très différente de ce qu’ils ont vu en ligne, la déception peut être forte. Aujourd’hui, un voyageur insatisfait partage facilement son expérience sur internet, ce qui peut nuire durablement à l’image du pays.
La communication, aussi efficace soit-elle, ne peut pas remplacer des routes en bon état, une électricité stable ou des services fiables. Miser sur des campagnes d’influence sans résoudre ces problèmes revient à attirer plus de visiteurs sans être en mesure de bien les accueillir. Le risque est alors de gâcher une opportunité précieuse.
Avant de chercher à attirer massivement des touristes, Madagascar gagnerait à se concentrer sur l’essentiel : améliorer ses infrastructures. Des routes praticables, des services de base fiables, des hébergements de meilleure qualité et des professionnels bien formés sont les fondations d’un tourisme durable. Ces améliorations profiteraient d’ailleurs autant aux habitants qu’aux visiteurs.
Les influenceurs ne sont pas inutiles, mais leur rôle doit venir plus tard, dans une dizaine, voire une vingtaine d’années, le temps nécessaire à Madagascar pour rattraper son énorme retard de développement. Lorsqu’un minimum de confort et de fiabilité sera assuré, ils pourront alors jouer pleinement leur rôle en racontant une expérience réelle, positive et cohérente avec ce que vivent les voyageurs sur place.

ça s’appelle « mettre la charrue avant les boeufs ».
Pas besoin d’avoir fait de grandes écoles pour comprendre que ce n’est pas le moment de faire appel à des influenceurs.
Les routes, les transports en commun, les vols intérieurs, l’eau, l’électricité, le confort des hôtels, c’est ça la priorité.
Quand tout ça sera OK, on pourra payer des influenceurs pour faire la pub, mais pas avant.
Bande de bras cassés !