VIDEO. De Paris à Bruxelles, le président malgache accélère son offensive diplomatique
À Paris, Michaël Randrianirina poursuit sa campagne diplomatique. Le chef de l’État malgache s’est entretenu mercredi avec Emmanuel Macron à l’Élysée, en marge du Sommet international sur l’espace. Officiellement, les deux dirigeants ont échangé sur le « renforcement de la coopération » entre Madagascar et la France. Mais derrière cette formule diplomatique se joue un autre enjeu : l’installation et la reconnaissance du nouveau pouvoir malgache dans le paysage international.
Il s’agit de la deuxième rencontre entre Emmanuel Macron et Michaël Randrianirina. Contrairement à leur entretien du 24 février, la présidence française n’a cette fois pas publié de communiqué conjoint. Côté malgache, la communication s’est limitée à quelques lignes.
Le dossier Volobe figurait vraisemblablement parmi les sujets concrets de discussion. Avant son départ pour Paris, Michaël Randrianirina avait lui-même indiqué que le projet devait être abordé. Bloquée depuis plusieurs années, la future centrale hydroélectrique attend encore la finalisation de son montage financier ainsi que la conclusion des négociations sur le prix de l’électricité et la durée de la concession.
L’implication française est importante, avec l’entrée annoncée d’EDF au capital du projet par Emmanuel Macron lors de sa visite à Madagascar en avril 2025. Pour Antananarivo, Volobe constitue surtout une réponse attendue aux difficultés persistantes du secteur électrique.
Une offensive diplomatique
Le déplacement du président malgache ne s’est toutefois pas limité à Paris. Après l’Élysée, il s’est rendu à Bruxelles pour rencontrer le Premier ministre belge Bart De Wever. Selon la présidence, celui-ci a proposé son soutien dans les démarches destinées à obtenir un financement du Fonds vert pour le climat afin de permettre la réalisation de Volobe.
La succession de ces rendez-vous donne une autre dimension au voyage. Michaël Randrianirina cherche manifestement à occuper le terrain diplomatique et à multiplier les signes de présence internationale.
La présidence malgache insiste d’ailleurs sur sa participation au sommet spatial, où plus de 90 chefs d’État étaient réunis. Les photos du chef de l’État avec plusieurs dirigeants étrangers, dont Emmanuel Macron, Bart De Wever et le président djiboutien Ismaïl Omar Guelleh, ont largement été relayées.
Cette visibilité n’est pas anodine. Pour les autorités issues de la Refondation, chaque rencontre internationale est aussi l’occasion de montrer que le nouveau pouvoir est reconnu, écouté et intégré aux échanges diplomatiques.
La tournée internationale ne devrait d’ailleurs pas s’arrêter là. Le président malgache doit se rendre à New York dans la seconde moitié de septembre pour le Sommet des Nations unies, avant une participation annoncée au Sommet Russie-Afrique en octobre.
Paris, Bruxelles, New York, puis la Russie : en multipliant les rendez-vous internationaux, Michaël Randrianirina ne cherche pas seulement des partenariats. Il cherche aussi à démontrer que son pouvoir est désormais reconnu sur la scène internationale. Au grand dam du fugitif de Dubaï.
