VIDEO. Pourquoi l’explication avancée par les parents de Narovana est contestée
Plusieurs mois après le décès tragique de Narovana, une adolescente de 13 ans qui s’est donné la mort à Antananarivo, l’affaire continue de susciter de vifs débats au sein de l’opinion publique.
Alors que les parents de la jeune fille ont attribué une part importante de responsabilité à l’influence du manga « Death Note », une nouvelle étape a été franchie avec un dépôt de plainte visant des commerçants spécialisés dans la vente de produits liés à la culture asiatique.
Les vendeurs concernés contestent fermement toute responsabilité. Ils affirment être injustement montrés du doigt. Plusieurs d’entre eux rappellent que Death Note est vendu dans de nombreux pays et que l’oeuvre relève uniquement de l’univers de la fiction et du divertissement.
L’affaire se trouve désormais entre les mains de la justice. Cependant, il serait simpliste d’expliquer un tel drame uniquement par Death Note, car les comportements suicidaires résultent généralement d’une combinaison complexe d’éléments psychologiques, familiaux, sociaux et personnels.
Des notes personnelles apportent un éclairage sur l’état émotionnel de l’adolescente dans les mois précédant son décès. Dans son journal intime, Narovana avait clairement évoqué des difficultés liées à son identité de genre, à une profonde dévalorisation de soi et à son orientation sexuelle incompatibles avec le caractère profondément chrétien de ses parents.
La véritable question n’est pas celle de l’influence présumée du manga Death Note. La problématique centrale reste celle du mal-être de certains jeunes, de leur besoin d’écoute, de l’absence d’accompagnement adapté et de l’aveuglement obsessionnel des parents lié à une religion castratrice de liberté individuelle.

