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6 649 Malgaches poursuivent le géant minier Rio Tinto à Londres

C’est un bras de fer juridique majeur qui s’ouvre outre-Manche. Dans le sud-est de Madagascar, la région d’Anosy vit au rythme de la deuxième plus grande mine du pays, exploitée par QMM (filiale du groupe anglo-australien Rio Tinto). Mais sur place, la colère gronde : 6 649 riverains accusent l’entreprise de polluer gravement leur environnement et de nuire à leur santé. Faute de réponses satisfaisantes au niveau local, ils ont décidé de porter l’affaire devant la Haute Cour de Londres, accompagnés par le cabinet britannique spécialisé Leigh Day.

Des preuves scientifiques inquiétantes

Pour étayer la plainte déposée le 30 septembre, le cabinet d’avocats s’appuie sur des données environnementales et médicales alarmantes.

L’eau contaminée : des experts indépendants ont mesuré des taux de plomb et d’uranium nettement plus élevés en aval du site minier qu’en amont.

Des organismes impactés : des analyses médicales menées sur plusieurs habitants révèlent des concentrations de métaux lourds et d’uranium dépassant largement les seuils de sécurité de l’OMS.

Un quotidien devenu intenable

Au-delà des chiffres, ce sont les conditions de vie quotidiennes de milliers de familles qui se sont dégradées. Privés d’alternatives, les riverains utilisent l’eau des cours d’eau voisins pour boire, cuisiner et se laver. Les conséquences directes rapportées par les habitants sont particulièrement graves.

Problèmes de santé : apparitions de lésions cutanées et difficultés respiratoires.

Perte de revenus : la disparition progressive du poisson dans les rivières touche de plein fouet les communautés de pêcheurs.

Nuisances quotidiennes : un stress permanent et des troubles du sommeil causés par le bruit et les vibrations des machines.

Que répond l’entreprise ?

Face à ces accusations, l’entreprise QMM affirme privilégier le dialogue avec les populations locales et la société civile, assurant publier régulièrement ses rapports de suivi environnemental.

Par ailleurs, la filiale de Rio Tinto a demandé au cabinet Leigh Day de lui transmettre les éléments de preuve récoltés afin de mener un examen approfondi, tout en réaffirmant son souhait d’« instaurer un climat de confiance ».

Les plaignants malgaches, eux, espèrent que la justice britannique permettra d’obtenir réparation financière et la dépollution de leurs terres.

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