Actus

VIDEO. L’OMDA alerte sur les fausses chansons IA diffusées sans autorisation

Selon l’usage qu’on en fait, l’intelligence artificielle peut être un outil formidable, capable de faire gagner un temps précieux. Mais elle peut aussi devenir une véritable infection, notamment dans le domaine artistique.

Aujourd’hui, ces technologies permettent à de nombreux usurpateurs de s’approprier les œuvres d’artistes originaux en générant, en quelques clics, des morceaux complets. Certes, la qualité de « l’œuvre » finale n’est pas toujours au rendez-vous, du moins pour ceux qui ont une oreille suffisamment aiguisée pour entendre la différence. Mais cela n’empêche pas ces chansons créées par algorithme d’être publiées puis monétisées sur des plateformes comme YouTube ou via des distributeurs comme Spotify.

Le phénomène est mondial, et Madagascar n’est pas épargné. Face à cette vague de faux morceaux circulant sans l’accord des auteurs, l’OMDA (Office Malagasy des Droits d’Auteur) a fini par monter au créneau. L’organisme a notamment mis en garde les radios et télévisions qui diffusent ces productions générées par IA sans le consentement des artistes concernés.

Parmi les victimes figure Jaojoby, figure emblématique du salegy. Le chanteur dénonce une véritable dénaturation de son travail : « C’est une défiguration de ma chanson. Le texte est faussé, c’est du n’importe quoi, du non-sens. Il y a beaucoup de fautes dans le couplet. Je ne suis pas d’accord, personne n’a demandé mon avis. Le programmeur de l’IA, de même que les autres humains qui veulent reprendre vos titres, ils doivent avoir l’autorisation écrite de l’auteur. Et puis l’important : l’argent ! Moi, jusqu’à aujourd’hui, sur les titres que l’IA a repris, je ne perçois pas de droits d’auteur. »

En Europe aussi, ces musiques entièrement générées par intelligence artificielle posent un réel problème. Des plateformes comme Deezer ont même développé des outils capables de détecter les morceaux créés artificiellement. Le distributeur français ne les interdit pas totalement, mais cherche à empêcher que ces faux morceaux ne saturent les recommandations et les revenus destinés aux vrais artistes. Selon Deezer, 75 000 « chansons » entièrement générées par IA sont mises en ligne chaque jour sur sa plateforme. Des morceaux que personne n’écoutera probablement jamais, du moins pour la grande majorité.

Dans cette immense cacophonie numérique, les grands gagnants restent surtout les entreprises qui ont conçu ces outils, grâce aux abonnements payants de leurs utilisateurs. De plus, ces plateformes gardent souvent un contrôle important sur les morceaux générés. L’utilisateur peut parfois les exploiter commercialement, mais sans pour autant détenir un véritable droit sur « l’œuvre ». En parallèle, plusieurs d’entre elles sont également poursuivies par les maisons de disques, qui les accusent d’avoir pillé leurs catalogues pour entraîner leurs intelligences artificielles.

S’abonner
Notification pour
guest

0 Commentaires
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires
error: