La possible libération de Mamy Ravatomanga inquiète les dirigeants de la Refondation
Selon les informations de Mondafrique, Mamy Ravatomanga pourrait retrouver la liberté sous caution après près de dix mois de détention à la prison de haute sécurité de Melrose, à Maurice. Cette perspective suscite de nombreuses interrogations à Madagascar, où l’homme d’affaires conserve une influence politique et financière considérable.
Ravatomanga avait rejoint l’île Maurice en jet privé dans la nuit du 11 au 12 octobre 2025, juste avant la fuite d’Andry Rajoelina. Les autorités mauriciennes avaient ensuite gelé environ 180 millions de dollars liés à ses avoirs dans deux banques locales. Mamy Ravatomanga est depuis visé par une enquête de la Financial Crimes Commission (FCC).
Une nouvelle demande de liberté
La défense de Mamy Ravatomanga a déjà tenté d’obtenir, à plusieurs reprises, sa remise en liberté devant la Cour suprême mauricienne. Après le rejet de ces demandes, ses avocats avaient envisagé un recours devant le Conseil privé du roi à Londres, avant de finalement abandonner cette voie.
Ils se sont ensuite retournés vers les autorités judiciaires mauriciennes. La FCC a accepté qu’une nouvelle demande de libération sous caution soit examinée. L’audience doit se tenir les 17 et 18 août.
La défense avance notamment que, plusieurs mois après le début de la procédure, aucune plainte formelle n’aurait encore été établie contre l’homme d’affaires. Elle estime donc qu’une libération sous caution pourrait être envisagée dans l’attente de la poursuite des investigations.
La FCC s’y oppose.
Des procédures dans plusieurs pays
Le dossier Ravatomanga dépasse largement les frontières mauriciennes. Des investigations et procédures sont évoquées à Madagascar, à Maurice et en France.
Les autorités malgaches soupçonnent notamment l’homme d’affaires d’être impliqué dans des opérations de blanchiment, de fraude fiscale et dans des flux financiers transfrontaliers. La ministre malgache de la Justice, Fanirisoa Ernaivo, avait également regretté le manque de suites données, selon elle, à certains dossiers transmis aux autorités mauriciennes.
Les enquêteurs mauriciens s’intéressent aussi à plusieurs acquisitions immobilières réalisées en Europe par l’intermédiaire de sociétés et de structures offshore.
En France, le Parquet national financier s’était intéressé à l’achat de biens immobiliers à Paris et à Levallois-Perret. Une enquête avait notamment porté sur des acquisitions représentant plusieurs millions d’euros.
Mais, à ce stade, les différentes procédures n’ont pas abouti à une condamnation de Mamy Ravatomanga. Du moins, pas encore.
Un risque de déstabilisation pour Madagascar
L’enjeu de la libération de Mamy Ravatomanga dépasse son dossier judiciaire. Son retour à la liberté pourrait surtout lui permettre de réactiver ses réseaux et de peser à nouveau sur la vie politique malgache.
Proche d’Andry Rajoelina, l’homme d’affaires dispose de relais économiques et politiques à Madagascar, mais aussi à Maurice, en France et dans plusieurs pays africains. Ses ressources financières lui donnent une capacité d’action considérable.
Dans un pays encore en pleine recomposition, cette influence pourrait fragiliser le nouveau pouvoir. Mamy Ravatomanga pourrait notamment retrouver ses anciens réseaux et soutenir des initiatives visant à contester l’autorité du président Randrianirina.
Le risque tient surtout à sa capacité à agir en dehors des institutions. Avec ses moyens financiers et ses relations internationales, il pourrait exercer des pressions, financer des réseaux ou favoriser des manœuvres de déstabilisation.
Il ne s’agit pas d’affirmer qu’une telle stratégie est déjà engagée. Mais son retour inquiète précisément parce qu’il pourrait redonner à l’ancien système ses moyens d’action, notamment à l’ancien président français de Madagascar Andry Rajoelina.
L’enjeu est d’autant plus important que Madagascar est désormais au cœur de nouvelles rivalités géopolitiques dans l’océan Indien, entre intérêts français et présence russe.
La décision attendue les 17 et 18 août à Maurice pourrait donc avoir des conséquences bien au-delà de la justice mauricienne. Si Mamy Ravatomanga retrouve sa liberté, le nouveau pouvoir malgache devra composer avec un acteur disposant de réseaux, d’argent et d’une influence politique considérable.

C’est pas pour rien que Rajoelina était venu à Paris demander de l’aide pour faire libérer Ravatomanga. A l’époque, il avait prétexté être en vacances mais la journaliste ne l’a pas cru. Donc, tout ça fait sens. C’est juste une question de semaines, voire même de quelques jours. La Refondation peut trembler.