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VIDEO. « Il nous faut des aides pour nous aider à nous passer des aides »

« Il nous faut des aides pour nous aider à nous passer des aides. » Cette déclaration d’un expatrié malgache qui a décidé de rentrer est d’une absurdité révélatrice. Elle résume parfaitement le paradoxe malgache : un pays extrêmement pauvre qui dispose pourtant d’une richesse humaine et naturelle considérable.

Madagascar a des terres, des minerais, une biodiversité exceptionnelle, un potentiel agricole, énergétique et touristique énorme. Son sous-sol est riche et sa population ne manque ni de compétences ni de capacité de travail.

Alors pourquoi continuer à présenter le pays comme s’il était condamné à attendre que les autres viennent le sauver ?

À force de chercher des solutions à l’extérieur, on finit par oublier de regarder ce que l’on possède déjà.

L’aide internationale peut évidemment être utile dans certaines situations. Mais elle ne peut pas constituer une politique de développement. Un pays ne devient pas riche en vivant éternellement de l’aide des autres. L’aide peut dépanner. Elle peut accompagner. Elle peut financer un projet. Mais elle ne remplacera jamais une véritable stratégie économique.

Le plus inquiétant est cette mentalité qui consiste à considérer l’aide comme le point de départ de toute solution : chercher des financements, attendre des bailleurs, solliciter des partenaires étrangers, réclamer des dons… pendant que les ressources du pays restent insuffisamment exploitées ou sont exportées sans réelle transformation locale.

Le problème de Madagascar n’est donc pas qu’il manque de richesses. C’est qu’il ne sait pas encore suffisamment transformer ses richesses en prospérité.

Il faut exploiter intelligemment les ressources minières, développer l’agriculture, transformer localement les matières premières, investir dans les infrastructures, favoriser l’entrepreneuriat et créer les conditions permettant aux entreprises malgaches de produire et de grandir.

Car à quoi sert d’avoir du cobalt, du nickel, de l’or, de l’ilménite, du graphite, du saphir, du pétrole, du gaz, des terres agricoles et un potentiel touristique exceptionnel si la plus grande partie de la valeur créée échappe au pays ?

Madagascar n’a pas besoin de jouer constamment au mendiant à l’international. Il a besoin de produire de la richesse. Et c’est précisément là que cette phrase devient problématique : demander des aides pour apprendre à se passer des aides revient à entretenir le système que l’on prétend vouloir abandonner.

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1 Commentaire
coast to coast

À mon avis il dit la vérité et aussi ce que pense la diaspora.

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