ActusEditos

Madagascar en pleine instabilité entre fake news, arrestations et tensions

Depuis plusieurs semaines, le climat politique se tend à Madagascar. Les accusations visant les dirigeants de la transition se multiplient, tandis que manifestations, démentis et contre-accusations alimentent une atmosphère de forte instabilité.

Au centre des critiques figure le président de la Refondation, Michael Randrianirina. Il est accusé par certains opposants de corruption et de trafic d’or. D’autres affirment qu’il serait de mèche avec la communauté karana, ce qui se ferait, selon eux, au détriment des intérêts des Malgaches. Des accusations également dirigées contre la ministre de la Justice, Fanirisoa Ernaivo, elle aussi accusée de corruption.

Ces allégations ont notamment été relayées à plusieurs reprises par le colonel Patrick Rakotomamonjy. Celui-ci accuse directement Michael Randrianirina et Fanirisoa Ernaivo de pratiques corruptives. Ses prises de position sont soutenues par quelques membres particulièrement actifs de la diaspora malgache, qui imputent à la transition dirigée par Michael Randrianirina une grande partie des difficultés actuelles du pays.

La tension s’est encore accentuée avec l’arrestation de quatre manifestants issus du mouvement Gen Z. Ces derniers participaient à une manifestation pacifique au cours de laquelle ils réclamaient la dissolution de plusieurs institutions : l’Assemblée nationale, la Haute Cour Constitutionnelle (HCC), la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et le Sénat. Interpellés puis interrogés par la brigade criminelle, ils sont accusés d’atteinte à la sûreté de l’État.

Ces arrestations ont suscité l’inquiétude de la société civile ainsi que de simples citoyens, qui les jugent arbitraires et préoccupantes pour les libertés publiques.

Du côté du pouvoir, la réaction est ferme. Le président Michael Randrianirina a tenu des propos particulièrement sévères, jugés par certains comme proches de la menace à l’égard des manifestants. Siteny, président de l’Assemblée nationale, a pour sa part estimé que ces mobilisations relevaient d’une tentative de déstabilisation du pouvoir en place. L’armée, sortie de son silence, a également apporté son soutien au gouvernement.

Dans le même temps, plusieurs démentis ont été publiés. Les deux manifestants de la Gen Z, une fois libérés, ont affirmé ne pas avoir été brutalisés durant leur arrestation. Cependant, deux autres militants sont toujours détenus par la Brigade criminelle. De son côté, le service de communication de la présidence a évoqué un autre incident : des drones thermiques espions auraient survolé le domicile de Michael Randrianirina, dans ce qui serait, selon lui, un projet d’assassinat.

Entre accusations de corruption, contestation politique, arrestations controversées et rumeurs d’opérations hostiles contre le chef de l’État, Madagascar traverse une période de fortes turbulences. Dans ce contexte, où se mêlent informations non vérifiées, fake news et inquiétudes sur l’état des libertés publiques, une question demeure : à qui profite réellement cette spirale de tensions ?

S’abonner
Notification pour
guest

0 Commentaires
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires
error: