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La refondation promise tarde à venir et commence à inquiéter

Lorsque le colonel Michael Randrianirina accède au pouvoir, l’espoir est immense. Une grande partie de la population attend alors une rupture radicale. Un nouveau départ après les années de pauvreté et de terreur avec Andry Rajoelina.

Mais plusieurs mois plus tard, cet espoir commence à s’effriter. La transformation promise tarde à se matérialiser. Et pour beaucoup, le nouveau pouvoir semble avoir choisi la continuité plutôt que la rupture.

La refondation devait rebâtir les institutions. Pourtant, le Sénat est toujours là. L’Assemblée nationale aussi. La CENI, chargée des élections, continue de fonctionner. La HCC également.

Toutes ces institutions, largement proches de Rajoelina, ont survécu quasiment à l’identique. Dans le même temps, la transition promet des élections d’ici fin 2027, avec ces mêmes institutions qui leur ont offert la « légalité ».

Autre point critique : la place des organisations internationales. Le nouveau pouvoir continue de se conformer aux cadres imposés par l’Union africaine et la SADC. Pourtant, ces organisations ont contribué au maintien de Madagascar dans un état de pauvreté et de dépendance depuis des décennies. Rester aligné sur ces structures revient à prolonger un système déjà contesté.

La jeunesse et la société civile commencent à douter

La génération Z avait largement soutenu la rupture politique. Elle espérait une transformation profonde. Aujourd’hui, une partie de cette jeunesse commence à douter et à descendre dans la rue.

Les réseaux sociaux sont devenus le principal espace de débat, voire de défouloir. Certains profils Facebook publient chaque jour des accusations extrêmement graves contre des responsables de la transition, y compris la ministre de la Justice et le président Randrianirina : corruption, trafics, arrangements politico-économiques avec la communauté karana.

Même si la véracité de ces accusations n’est pas encore établie, leur répétition constante commence à installer un climat de suspicion dans l’opinion publique. La confiance, déjà fragile, commence à s’éroder, d’autant plus que le pouvoir en place ne contredit jamais ces allégations.

La réaction du président Randrianirina face à une petite manifestation de jeunes militants a également marqué les esprits. Pourtant, ils n’étaient qu’une vingtaine et la protestation était pacifique. La réponse de Michael Randrianirina, jugée méprisante et menaçante par de nombreux internautes, a déclenché une vague d’indignation.

Une autre polémique est venue raviver les tensions. Le président de l’Assemblée nationale, Siteny Randrianasoloniaiko, également controversé et cible d’accusations de corruption, a demandé que le portrait de Michaël Randrianirina soit désormais affiché dans les bureaux publics.

Une décision symbolique qui fait craindre le retour vers un culte de la personnalité.

Pendant ce temps, les difficultés concrètes reviennent au premier plan. Les coupures d’eau et d’électricité, qui avaient fortement alimenté la colère populaire sous le régime précédent, refont surface. La situation se serait dégradée depuis la non-reconduction de l’ancien ministre chargé de l’énergie.

Selon certaines rumeurs, ce dernier dérangeait des intérêts économiques puissants, notamment ceux de la communauté karana. Ces affirmations restent difficiles à vérifier. Mais elles circulent largement dans le débat public.

Madagascar se dirige vers une nouvelle crise

Pour de nombreux observateurs, la transition actuelle semble reproduire certains mécanismes du régime précédent.

Une question commence alors à circuler : les dirigeants actuels se croient-ils aussi intouchables que l’ex-président français de Madagascar ? L’histoire récente rappelle pourtant une réalité : il n’a fallu que 17 jours pour chasser Andry Rajoelina du pouvoir.

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Pfff

Syntia sy Tahina fotsy volo no tena mpikarama an ady mba hiverenany Rajoelina. Ra olona misaina de tsy manisy sira an reo akory.

Fa misy koa nefa ny olona dondrona minomino foana. Maro an isa kokoa no ny olona misaina.

Ra tena tsy marina daholo reo accusations reo de tokony mandray fepetra mitory any Syntia sy Tahina i Michael sy Fanirisoa fa tsy avela manao zay tiany reo foza reo. Lasa manakorotana fotsiny. Rehefa tsy mandray fepetra de marina daholo zany ny dikany ka aleo esorina !

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