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VIDEO. Le Pôle anti-corruption autorisé à juger Andry Rajoelina et ses ministres

C’est une nouvelle inespérée. Le Pôle anti-corruption (PAC) a obtenu le feu vert pour juger l’ancien président déchu Andry Rajoelina, son ex-Premier ministre Christian Ntsay, ainsi que plusieurs anciens membres du gouvernement. Validée par la Haute Cour constitutionnelle (HCC), cette décision pourrait enfin briser le mur de l’impunité qui protégeait l’ancien exécutif.

Une parade juridique pour contourner l’Assemblée nationale

Jusqu’ici, les dirigeants malgaches bénéficiaient d’une protection institutionnelle inébranlable. En théorie, un chef d’État ne pouvait être jugé que par la Haute Cour de Justice (HCJ), et ce, uniquement pour haute trahison, et à condition qu’une mise en accusation soit votée par l’Assemblée nationale.

Mais voilà : l’Assemblée nationale étant majoritairement composée d’éléments pro-Rajoelina, les députés bloquent la situation depuis un an en refusant obstinément de voter cette mise en accusation (N.D.L.R. : un jour, ils devront aussi rendre des comptes sur cette complicité évidente).

Face à ce blocage, la Haute Cour constitutionnelle a tranché. Son argumentaire est simple : les faits de corruption ou de détournement ne font pas partie des fonctions officielles d’un président ; ils relèvent d’intérêts purement personnels. Par conséquent, pas besoin de l’aval des députés. Le dossier bascule directement devant le Pôle anti-corruption, un tribunal de droit commun.

Des casseroles et des millions d’euros détournés

Le PAC ne chôme pas et s’attaque à des dossiers brûlants. Parmi les affaires épinglées figurent la gestion opaque du Fonds souverain malagasy, censé financer le développement du pays, ou encore des soupçons de détournements autour d’un marché public de tables-bancs scolaires.

Plusieurs figures de l’ancien gouvernement se retrouvent également dans le viseur de la justice, notamment les anciens ministres de l’Économie et des Finances (Rindra Rabarinirinarison), de l’Éducation nationale (Marie-Michelle Sahondrarimalala) et des Mines (Fidiniavo Ravokatra et Herilaza Imbiki).

Un signal fort très attendu par la population

Pour les citoyens malgaches, lassés des promesses sans lendemain, cette décision résonne comme un signal fort de la Refondation. Le peuple attend désormais des sanctions exemplaires contre ceux qui ont saigné le pays pendant 16 ans (de 2009 à 2025).

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