VIDEO. Quand des feux tricolores révèlent les siècles de retard à Madagascar
À Antananarivo, la récente mise en service de feux tricolores à certains carrefours du centre-ville a surpris de nombreux conducteurs et piétons. Et pour cause : cela faisait plus de trente ans qu’un tel équipement n’avait plus été aperçu dans la capitale. Qu’un simple feu de circulation puisse encore susciter l’étonnement en 2026 en dit long sur le retard accumulé par Madagascar en matière de développement.
Pendant que d’autres nations investissent dans des technologies de pointe, des villes intelligentes, des transports modernes et des réseaux encore plus performants, Madagascar fait figure de cancre : routes dégradées, réseau électrique défaillant, transports en commun archaïques, services publics insuffisants… La liste est longue.
Et pourtant, les atouts ne manquent pas. Graphite, nickel, cobalt, biodiversité exceptionnelle, potentiel touristique considérable et position stratégique dans l’océan Indien : Madagascar possède de quoi construire une économie forte et solide. Sur le papier, ces richesses devraient contribuer à financer des hôpitaux dignes de ce nom, des écoles, des routes praticables et des infrastructures modernes.
Mais entre le potentiel et la réalité, le fossé est abyssal. Une grande partie de la population vit toujours dans la pauvreté et les grands projets s’enlisent. Les mêmes obstacles reviennent inlassablement : bureaucratie paralysante, corruption, instabilité politique et incapacité de l’État à transformer les ressources et les financements disponibles en réalisations concrètes.
Certes, le pays semble vouloir sortir de cette longue léthargie. Mais là encore, la lenteur reste la règle. Les projets prennent du retard, les réformes structurelles s’éternisent et les bonnes intentions se fracassent régulièrement contre le système. A ce rythme, il faudra des siècles pour rattraper… des siècles de retard.
